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Facture électronique et retard de paiement : ce qui change vraiment pour les entreprises

15 sept.
8 min de lecture

La facture électronique s’impose progressivement dans les entreprises françaises. Avec la réforme de la facturation électronique, de nouvelles habitudes vont entrer dans le quotidien des dirigeants, des services administratifs et des cabinets comptables.


Parmi les nombreuses interrogations liées à cette évolution, une question revient régulièrement : que se passe-t-il lorsqu’une facture électronique n’est pas payée dans les délais ?


Certaines idées circulent déjà. La facture électronique serait automatiquement considérée comme reçue dès son émission. Le retard serait immédiatement signalé à l’administration fiscale. Les pénalités seraient automatiquement calculées et appliquées par la plateforme. Le paiement pourrait même, dans certains cas, être déclenché automatiquement.


Qu’en est-il réellement ?


La réponse mérite d’être nuancée. La facturation électronique transforme profondément le traitement et la circulation des factures, mais elle ne bouleverse pas à elle seule les règles applicables aux retards de paiement.

Pour comprendre ce qui change réellement, il faut donc distinguer les nouvelles obligations liées à la facture électronique des règles déjà applicables au paiement des factures entre professionnels.


La facture électronique ne supprime pas l’échéance de paiement


Premier point essentiel : passer d’une facture papier ou PDF à une facture électronique ne signifie pas que le client doit payer immédiatement.

Une facture peut parfaitement être électronique tout en prévoyant un délai de paiement de plusieurs jours ou semaines.


Entre professionnels, les conditions de règlement doivent être clairement indiquées. Sauf dispositions particulières prévues dans le respect de la réglementation, le délai de paiement est généralement fixé à 30 jours à compter de la réception de la facture ou de l’exécution de la prestation selon les situations.

Les entreprises peuvent également prévoir certains délais conventionnels dans les limites autorisées par la réglementation.

La transformation numérique de la facture ne modifie donc pas automatiquement ces règles.


Prenons un exemple simple.

Une entreprise émet une facture électronique le 15 septembre avec une échéance de paiement fixée au 15 octobre. Le fait que la facture soit transmise en quelques secondes via une plateforme ne signifie pas que le client doit la régler le jour même.

La facture électronique améliore la circulation de l’information. Elle ne transforme pas une facture à 30 jours en facture payable comptant.


Alors, à partir de quand parle-t-on de retard de paiement ?


Le retard commence lorsque le délai convenu arrive à son terme et que le règlement n’a pas été effectué.

Cette distinction est importante, car la date d’émission de la facture, sa date de transmission et sa date d’échéance ne correspondent pas nécessairement à la même chose.

Dans une entreprise, il est donc essentiel de suivre plusieurs informations :

la date d’émission de la facture, la date de réception, le délai de paiement prévu et la date d’échéance.

Une bonne organisation comptable permet d’éviter de confondre ces différentes étapes.

Avec la généralisation de la facturation électronique, ces données seront davantage structurées et pourront être intégrées plus facilement dans les logiciels de gestion et de comptabilité.


Cela peut faciliter le suivi, mais le dirigeant reste responsable du bon fonctionnement de son processus de facturation et de recouvrement.


Que se passe-t-il lorsqu’un client paie en retard ?


Lorsqu’un client professionnel règle sa facture après la date d’échéance, les conséquences prévues par la réglementation peuvent s’appliquer.

La première concerne les pénalités de retard.

Ces pénalités sont dues de plein droit dans les relations entre professionnels. Il n’est donc pas nécessaire d’attendre qu’un tribunal constate le retard ni, en principe, d’envoyer une mise en demeure préalable pour que les pénalités deviennent exigibles.

Le taux des pénalités doit être prévu dans les conditions générales de vente et figurer sur les factures.

À défaut de stipulation conforme, un taux supplétif prévu par la réglementation peut s’appliquer.

Il s’agit donc d’un point à ne pas négliger lorsqu’une entreprise met en place ou actualise son système de facturation.


L’indemnité forfaitaire de 40 € en cas de retard


Le retard de paiement peut également entraîner l’application d’une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement dans les transactions entre professionnels.

Cette indemnité est due par le débiteur en retard et doit être prévue dans les documents commerciaux concernés, notamment les conditions générales de vente et les factures.

Attention cependant : cette indemnité ne correspond pas à une pénalité journalière.

Elle est forfaitaire et s’ajoute, lorsque les conditions sont réunies, aux pénalités de retard.

Dans la pratique, beaucoup d’entreprises connaissent l’existence de cette indemnité mais ne savent pas toujours dans quelles situations elle s’applique ni comment l’intégrer correctement dans leur facturation.

C’est notamment là qu’un accompagnement comptable peut être utile.


La plateforme de facturation va-t-elle automatiquement relancer le client ?


C’est l’une des principales idées reçues concernant la facturation électronique.

Le fait qu’une facture circule via une plateforme agréée ne signifie pas que celle-ci devient automatiquement un service de recouvrement.

Une plateforme peut proposer des fonctionnalités de suivi, de notification, de relance ou d’intégration avec un logiciel comptable ou de gestion. Mais ces fonctionnalités dépendent des solutions utilisées et de leur configuration.

Il faut donc distinguer :

la transmission de la facture,le suivi de son statut,le suivi du paiement,et le recouvrement d’une créance.

Ces quatre éléments peuvent être liés dans un environnement numérique, mais ils ne constituent pas une seule et même procédure.

Une entreprise ne doit donc pas partir du principe que le simple passage à la facture électronique réglera automatiquement ses problèmes d’impayés.


Et si le client affirme ne jamais avoir reçu la facture ?

La dématérialisation peut justement permettre de mieux tracer les échanges.

Avec la facture électronique, les données associées à la facture sont structurées et son acheminement passe par un dispositif prévu à cet effet.

Cela devrait contribuer à limiter certaines situations dans lesquelles un fournisseur relance un client qui affirme ne jamais avoir reçu sa facture.

Mais là encore, il faut rester précis.

Une meilleure traçabilité ne garantit pas le paiement.

Un client peut parfaitement avoir reçu une facture et ne pas la régler à temps. Le problème n’est alors plus celui de la transmission du document, mais celui du paiement de la créance.


La réforme va-t-elle permettre à l’administration fiscale de voir les retards de paiement ?


C’est un autre sujet qui alimente certaines inquiétudes.

La réforme de la facturation électronique ne concerne pas uniquement le format des factures. Elle prévoit également la transmission de certaines informations à l’administration fiscale dans le cadre du dispositif d’e-reporting.

Les données de transaction et, dans certaines situations, les données relatives au paiement peuvent ainsi entrer dans le dispositif.

Mais il faut éviter une confusion importante.

La transmission d’une donnée de paiement à l’administration fiscale ne signifie pas qu’un retard de quelques jours déclenchera automatiquement une sanction fiscale.

Le rôle de la réforme est notamment de moderniser la collecte et la circulation des données liées à la TVA et aux transactions.

Le contrôle et le recouvrement d’une facture impayée restent, eux, des sujets distincts.


La facture électronique peut-elle néanmoins aider à réduire les retards ?


Oui, indirectement.

Même si la facture électronique ne garantit pas le paiement, elle peut contribuer à améliorer l'organisation interne de l’entreprise.

Une facture mieux structurée et intégrée dans un logiciel de gestion peut être plus facilement rapprochée d’un client, d’une commande ou d’une échéance.

Le dirigeant peut également mettre en place des tableaux de suivi ou des automatisations permettant d’identifier plus rapidement les factures arrivées à échéance.

Cela permet de passer d’une gestion parfois réactive à une gestion davantage anticipée.

Par exemple, une entreprise peut définir un processus de suivi selon lequel :

une notification est envoyée avant l’échéance, une première relance intervient le lendemain, une relance plus formelle quelques jours plus tard, puis le dossier est transmis au responsable du recouvrement lorsque le retard devient significatif.

Ce type de processus ne relève pas directement de la réforme, mais la digitalisation peut en faciliter la mise en œuvre.


Une facture électronique peut-elle être refusée ?


La réforme introduit également une logique de statuts et d’échanges structurés autour des factures électroniques.

Cela peut permettre de mieux identifier certaines situations : facture reçue, rejetée, refusée ou encore en cours de traitement selon les outils et les règles applicables.

Pour l’entreprise émettrice, cette visibilité peut être intéressante.

Dans un système papier classique, une facture peut parfois rester en attente plusieurs semaines sans que le fournisseur sache précisément où se situe le blocage.

Avec des flux davantage structurés, certaines anomalies peuvent être détectées plus rapidement.

Mais là encore, il faut distinguer un problème de traitement d’un problème de paiement.

Une facture peut être parfaitement reçue et validée tout en restant impayée à son échéance.


Pourquoi le suivi des factures devient encore plus important


La généralisation de la facturation électronique va pousser les entreprises à revoir leurs habitudes.

Jusqu’à présent, certaines TPE et PME fonctionnaient encore avec des processus relativement simples : création d’une facture, envoi par e-mail, puis vérification manuelle du compte bancaire.

Cette organisation peut devenir insuffisante à mesure que les obligations se structurent et que les outils numériques prennent une place plus importante.

Le suivi des factures ne devrait donc plus être considéré comme une simple tâche administrative.

Il devient un véritable outil de pilotage de la trésorerie.

Savoir immédiatement quelles factures ont été émises, lesquelles arrivent bientôt à échéance et lesquelles sont déjà en retard permet au dirigeant d’avoir une vision beaucoup plus précise des sommes réellement attendues.


Retard de paiement : les bons réflexes à adopter


La première bonne pratique consiste à vérifier que les conditions de règlement sont claires avant même l’émission de la facture.

Le client doit savoir quand il doit payer, selon quelles modalités et quelles conséquences peuvent s’appliquer en cas de retard.

Ensuite, il est important d’avoir un processus de suivi.

Une entreprise qui attend plusieurs semaines avant de s’apercevoir qu’une facture n’a pas été réglée peut rapidement rencontrer des difficultés de trésorerie.

Il est généralement préférable d’identifier rapidement les retards et de relancer les clients de manière progressive et structurée.

Enfin, les documents commerciaux doivent rester cohérents entre eux : devis, contrats, conditions générales de vente, bons de commande et factures doivent présenter des informations compatibles.


Facturation électronique et trésorerie : deux sujets étroitement liés


Pour une entreprise, une facture n’est pas simplement un document comptable.

C’est aussi une créance qui doit devenir un encaissement.

Cette différence est essentielle.

Une entreprise peut afficher un chiffre d’affaires important tout en rencontrant des tensions de trésorerie si ses clients règlent systématiquement leurs factures en retard.

La facturation électronique peut améliorer la visibilité sur les flux, mais elle doit être intégrée dans une organisation plus globale de gestion financière.

Le suivi des encaissements, le rapprochement bancaire, la relance des clients et l’anticipation des besoins de trésorerie sont autant de sujets qui doivent fonctionner ensemble.


Alors, mythe ou réalité ?


Dire que la facture électronique va mettre fin aux retards de paiement serait clairement un mythe.

Dire qu’elle ne change absolument rien serait tout aussi réducteur.

La réforme modifie profondément la manière dont les factures sont émises, transmises et traitées. Elle apporte davantage de standardisation et de traçabilité et peut faciliter l’automatisation du suivi.

En revanche, elle ne transforme pas une facture en paiement automatique.

Les entreprises doivent toujours définir leurs conditions de règlement, suivre leurs échéances, relancer les clients en retard et appliquer les mécanismes prévus par la réglementation.

La véritable opportunité se trouve donc moins dans une prétendue disparition des impayés que dans la possibilité de mettre en place une gestion plus structurée, plus rapide et plus fiable.


Le Cabinet Comptable 447 pour vous accompagner


La mise en place de la facturation électronique peut être une excellente occasion de revoir les processus administratifs et comptables de l’entreprise.

Quel outil utiliser ? Comment organiser les flux de factures ? Comment suivre les échéances ? Comment articuler facturation, comptabilité et trésorerie ? Quelles mentions doivent apparaître sur les factures ? Comment gérer les retards de paiement ?

Ce sont autant de questions auxquelles il est préférable de répondre avant que la réforme ne devienne une contrainte quotidienne.


Le Cabinet Comptable 447 accompagne les entreprises dans la mise en place et l’évolution de leur organisation comptable, notamment face aux nouvelles obligations liées à la facturation électronique.

L’objectif n’est pas simplement de vous aider à adopter un nouvel outil, mais de mettre en place un fonctionnement cohérent avec votre activité, votre organisation et vos enjeux de trésorerie.


La facture électronique est là pour durer. Autant en profiter pour rendre votre gestion plus simple, plus fiable et plus efficace.

 
 
 

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